Les canauxPatrimoine Culturel Immatériel

L’inventaire national du patrimoine culturel immatériel a vu le jour en mars 2008 suite à la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2003 signée par la France et 182 États parties. En juin 2024, l'irrigation traditionnelle française a été inscrite sur la liste de sauvegarde de l'inventaire national à la demande des communautés d'arrosants sous le numéro 2024_67717_INV-PCI-FRANCE_00533. Aujourd'hui, la France prépare un dossier d'extension ensemble avec d'autres pays méditérranéens afin que leurs canaux d'irrigation figurent eux-aussi, à leur tour, sur la Liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO (Convention 2003).

Inscription à l'inventaire national image1

L'objectif de cet inventaire est de répertorier les pratiques traditionnelles françaises encore vivantes qu’il s’agisse de savoirs, savoir-faire, traditions ou expressions orales, rituels, jeux, arts du spectacles ou pratiques de toute nature (sociales, festives et physiques) en vue de les sauvegarder.

Deux conditions sine qua none découlent de cet objectif : la pratique doit être vivante et être portée par une communauté entière qui sera le porteur de la demande d'inclusion. Cette dernière est matérialisée sous la forme d’une fiche d’inventaire. Un inventaire implique la réalisation de nombreuses enquêtes les plus exhaustives possibles. Les résultats compilés dans la fiche reflètent à la fois la diversité et le consensus autour de la pratique en cas de pluralité de communautés pratiquantes.

Lorsque la fiche d’inventaire a été rédigée par l’ensemble des acteurs impliqués, elle est soumise au Comité national du patrimoine culturel immatériel du ministère de la Culture qui prononcera ou refusera l’inclusion de la pratique au Patrimoine culturel immatériel national en vue de sa sauvegarde.

Dans ce processus, les communautés sont accompagnées par un organisme de recherches et/ou des associations culturelles. En juin 2023, Francesca Cominelli et Aurélie Condevaux, maîtreses de conférences à l’université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne et membres du laboratoire de recherches IREST-EIREST, accompagnées par Gérard Guimbert de la Fédération Départementale des Structures d’Irrigation et de Gestion de l’Eau (FDSIGE 05) ont lancé le premier atelier de réflexions sur l’inclusion de l’irrigation traditionnelle à l’inventaire national dans un premier temps et sur la liste représentative de l’UNESCO dans un second temps. Chacun des ateliers suivants a réuni une trentaine d'acteurs d'horizons et de lieux différents. Communautés d’arrosants et autres acteurs, tous ensembles, ont directement contribué à la rédaction commune de la fiche d’inventaire. Les premiers ateliers ont permis la récompilation des enquêtes menées par les participants pour répertorier tous les savoirs et savoir-faire liés à cette pratique. Ce n'est qu'au cours de la deuxième phase d'ateliers que la fiche d’inventaire fut rédigée de manière commune. Grâce à l'encadrement et au soutien de Francesca Cominelli, Aurélie Condevaux et de leurs deux stagiaires, Clara Ducroz et Jie Liu, l’irrigation traditionnelle a été inscrite à l’Inventaire national le 4 juin 2024 sous le numéro 2024_67717_INV-PCI-FRANCE_00533 dans la catégorie des “Savoirs et savoir-faire” pour ses interactions avec la nature et sa vision du territoire.

L'inscription sur la liste représentative du PCI - UNESCO .image1

Le 5 décembre 2023, les connaissances et savoir-faire en matière d’irrigation traditionnelle ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité après évaluation de la demande déposée par sept états européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Italie, Luxembourg, Pays Bas et Suisse). Cette liste représentative a été élaborée par la Conférence générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en réponse à la nécessité de sauvegarder le patrimoine culturel immatériel pour sa contribution à la diversité culturelle et au développement durable ainsi que sa relation intrinsèque avec le patrimoine naturel et culturel. 

La demande initiale des 7 États prévoit la possibilité d’étendre l’inclusion des connaissances et savoir-faire liés à l’irrigation traditionnelle à d’autres états parties qui en exprimeraient le désir. L’évaluation de la demande d’extension par le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est soumise à quatre conditions : inscription préalable de l’irrigation traditionnelle au patrimoine culturel immatériel national, pluralité des états porteurs, acceptation des pays états soumissionnaires initiaux et volonté de sauvegarde commune exprimée par toutes les communautés participantes.

La France s’est proposée de porter et de piloter la demande d’extension en étroite collaboration avec les Minsitères de la Culture et les communautés d'arrosants de l’Espagne, de la Grèce, et du Portugal. L'échéance pour soumettre cette demande d’extension commune est la session du Comité intergouvernementale de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel prévue en mars 2026.